Cher Monsieur,
Appréciez Monsieur, je vous prie, le « Cher », marque de courtoisie et d’un minimum de respect, dont vous n’avez fait preuve ni de l’un ni de l’autre avec ma personne.
Vous vous prévalez, Cher Monsieur, d’être expert en problèmes humains, vous avez les vôtres mais savez les oublier pour aider vos semblables dans leur cheminement. Vous les éclairez de votre bon sens, vous leur montrez la voie, vous les débarrassez autant que faire se peut du poids d’une âme parfois trop lourde.
Grâce vous en soit rendue.
Vous bénéficiez, je crois pouvoir le dire, d’une certaine renommée, vous avez pignon sur rue et une belle clientèle de surcroît.
Notez, Cher Monsieur, mon indélicatesse en n’écrivant pas patientèle mais clientèle, vous n’êtes pas médecin et vous ne vous en targuez point.
Dieu merci, vous n’êtes pas fou.
Faites moi la grâce de m’accorder que si vous l’étiez, vous feriez plus de dégâts que de bienfaits.
Si seulement votre renommée était un gage de votre sérieux, croyez bien, Cher Monsieur, que je vous accorderais tout le sérieux que vous souhaitez imposer.
Ce qui motive mon propos, Cher Monsieur, c’est le jugement que vous avez porté sur ma personne.
Nous nous sommes effectivement croisé trois fois, à ces occasions nos seuls mots furent pour nous saluer cordialement.
Peut être un peu trop cordialement, je vous l’accorde, je suis d’une nature enjouée, parfois un peu trop extravertie, bien que ma nature profonde me porte vers la discrétion et le secret.
Etonnant me direz-vous, de la part d’une personne qui livre sa vie sans pudeur au regard du monde.
Permettez, Cher Monsieur, de vous faire part du mien d’étonnement.
Comment ? Vous, l’homme de l’art en comportements humains, vous vous seriez laissé berner par ce que vous avez lu, par ce que vous avez vu ?
Peut être est-ce par ce que l’on vous en a dit ?
Parce que, comprenez moi, Cher Monsieur, je ne vous connais pas et vous ne me connaissez pas, finalement.
Vous savez tout de moi, ou croyez le savoir, sans jamais m’avoir seulement parlé.
Est-ce possible ? est-ce là le fondement de votre art ?
Quel est votre secret, Cher Monsieur, pour percer à jour la nature humaine en se basant sur de simples suppositions ?
Notez que je ne remets pas en cause l’intérêt que vous me portez, mais plutôt sur le procédé, j’ai le téléphone vous savez ?
Je ne m’inquiète pas de votre réputation, Cher Monsieur, et quelque part votre opinion m’indiffère si elle se base sur autant de futilités.
Ce qui m’inquiète, Cher Monsieur, c’est qu’au début de mon propos, je remerciais Dieu que vous ne soyez pas fou.
Et de n’en être plus tout à fait sure.
En effet, vous avez cru bon devoir m’avertir, par personne interposée, qui plus est, que j’allais imploser émotionnellement.
Et vous targuez de dire quand.
Votre art est grand.
En 2010 exactement.
Croyez bien, Cher Monsieur, en mon inquiétude.
Presque, je vous l’accorde, en ma frayeur.
Bigre, on me prévoit d’imploser en 2010.
Et vous en avertissez mes amis.
Vous servant d’eux, ainsi, pour m’atteindre.
Leur causant, de ce fait, bien du souci pour ma personne.
C’est de cela, cher Monsieur, que je me sens le plus blessée, dans votre lâcheté et votre inconscience vous les avez blessés également.
Mais dans votre grande sollicitude, vous leur faites part de votre soutien.
Vous êtes là, Cher Monsieur, si je veux l’éviter.
Croyez bien en mon soulagement.
Votre compassion universelle me touche.
Mais, hélas, Cher Monsieur, dans la folie qui est la mienne, je ne me rapprocherai pas de la votre.
Car vous êtes fou de faire ainsi des prédictions sur une personne que vous ne connaissez point.
Aussi, j’ai le désagrément, Cher Monsieur, de vous faire part de mon implosion en 2010.
Ou pas.
En tout cas, Cher Monsieur, et même si vous me le prédisez, je ne me le souhaite pas.
Vous me comprendrez, j’en suis sure, dans votre grande mansuétude.
Bien cordialement.
Ou pas.
Nathalie.
Margou.
Ou bien l’une ou l’autre ou les deux.
Vous saurez en juger, j’en suis convaincue.
PS : Vous remarquerez que ma grossièreté naturelle n’est point si pathologique que cela, puisque je me suis abstenue de rajouter “de mes deux” après thérapeute.
Ah bin si… zut !