Bân j’avais décidé que nân !
Pis finalemônt si !
J’vais te raconter.
Tous les soirs, je rentre par Pierre Vernier.
Y’a moins de circulation et pis cé zouli par le lagon.
Donc je rentre en tuture hein ? miouzik à fond toussa.
Et je vois une moto derrière moua.
J’me pousse un peu pour laisser passer.
Je laisse toujours passer les motos, j’aime bien leur chtit merci avec le pied et selon moi ils sont prioritaires.
Ouais.
Sauf que.
La moto s’est mise à la portière et tout en roulant :
“hé salut margou ! qu’est-ce tu deviens toussa toussa ?“
“heu… vi ça va !“
“tu ne me reconnais pas ?“
“euh bin nân excuse moua“
Tout ça en roulant au pas, avec toute une file de wouatures à l’arrière qui commencent à s’impatienter.
“bin c’est moua… BIPBIP !“
“AH MAIS OUI ! BIEN SUR !“
“T’es toujours en couple ou tu vis seule ?“
“Euh bin seule !“
“Cool, bin écoute si t’as toujours mon mobilis tu m’appelles hein ? ça me ferait super plaisir“
Et moua : “ouais super ok !“
Et il se barre.
Et là.
Là.
Juste sous le néocortex j’entends une voix qui m’dit : “ptin mais céki ce type !“.

Impossible de me rappeler.
Tout ce que je vois c’est que le mec à l’air super sympa sous son casque, super mimi toussa, super gentil et qu’il me connaît bien !
Oh oui.
Il m’a fallu 10 minoutes pour trouver.
Moua aussi je le connais bien.
Oh oui !
Il me semble bien avoir dansé un zouk particulièrement bouillant avec le môssieur.
Entre autre chose 
Bân.
Donc.
Chouchou.
Si tu me lis.
J’ai pu ton mobilis.
Mais si je l’avais je t’appellerais.
Crois moi.
Et donc.
Si tu as encore le mien.
Toua.
Tu m’appelles ! hein ?
vite

Et bien sur, j’ai pô pensé une seule seconde à me garer, ni a lui demander de me redonner son mobilis… une vraie connassitude ! 