août
18AU THEATRE -2-
Filed Under (Margou in love) by margouillette on 18-08-2010
Tagged Under : Amour, People NC
Une fois installée dans mon fauteuil rouge, j’me dis bêtemônt que j’vais pouvoir piquer un roupillon pendant qu’on énumère les 23650 lettres.
J’avais tort.
La mise en scène est nerveuse, nous sommes en 1833, Victor Hugo rencontre l’actrice Juliette Drouet, ils vont s’aimer pendant 50 ans.
D’un amour fou, passionné, tout y est la jalousie, l’abnégation, la tendresse, les sentiments, le désir.
Oui le désir.
Parce que Victor Hugo, tout en haut de son génie ne veut plus en descendre et Juliette a bien du mal à l’atteindre.
L’homme se fait rare, pris qu’il est par son œuvre et chaque visite de l’amant est prétexte à un cri d’ amour et de frustration de se voir cloîtrée par l’homme qu’elle aime et seule et abandonnée.
Et ce crie nous cloue tous dans nos fauteuils.
“baaiiiiiiiiiiise moi !“
Nân.
Elle a dit “aime moi !“
Je ne suis plus sure là.
Je me tourne vers Annie.
Bouche ouverte yeux écarquillés.
Ok !
J’ai bien entendu.
Nân nân elle a dit “baise moi !“
Et elle le hurle maintenant.
Et je peux te dire qu’on est tous bien réveillés.
En culotte à froufrous et dentelles, en corset à lacets, l’actrice soudain….. c’est Madonna.
Dans like A virgin.
Sa frustration de femme dans l’attente de son amour, elle nous l’offre dans une scène de masturbation qui nous laissent tous ébahis.
La salle hurle de rire.
TOUT LE MONDE se reconnaît dans ce rôle.
Tout le monde voudrait son orgasme, là, sur scène, en hommage à ces nuits d’attente où l’amant ne vient pas.
Dans un hoquet j’arrive à chuchoter : “mais… mais… c’est du porno soft !“.
Nân.
C’est la vie.
Parce que ok, les beaux sentiments.
Les pioupious, les rubans satins et le parfum des roses.
Mais l’amour, le vrai…. ça pue AUSSI un peu du tutu arrière.
Soudain, c’est MON histoire.
VOTRE histoire.
On a tous attendu l’être aimé un jour dans notre vie…
En mai 1883, l’actrice meurt.
Victor Hugo referme son encrier.
Il n’écrira plus jamais.
Et nous sommes tous au bord des larmes.
L’actrice aussi.
Le comédien est parti se cacher.
Nous sommes tous debout.
Sonnés.
Au bord du vertige.
Enthousiasmés.
L’histoire est universelle.
Cette pièce là a touché quelque chose en chacun de nous.
Nous aussi on la veut notre histoire d’amour qui dure 50 ans.
Finalement.
Tout devient possible…
Tout est possible…
Note de l’actrice Anthéa SOGNO : “Le premier tour de force a été de choisir parmi leurs nombreux écrits, tous plus beaux les uns que les autres, de quoi recréer de véritables dialogues. Comme pour chacune de mes adaptations, la même exigence m’a saisie, je voulais que tout soit authentique, que tout ait été dit, susurré ou hurlé. L’enfilade des scènes qui racontent leur vie, a été construite ainsi : une phrase écrite par Juliette répond parfaitement à une question extraite d’une des lettres de Victor et ainsi de suite. Puis quelques extraits de pièces, de leurs journaux intimes, ou de la presse, tout devait être historique.
Nous avons fait cela pour faire du théâtre, disais-je plus haut. En jouant la pièce, nous nous sommes aperçus que nous étions au-delà, car nous n’interprétons pas des personnages de théâtre, nous incarnons des personnes qui ont vécu, et nous ne disons pas des dialogues inventés par un dramaturge, les mots que nous nous disons sont les leurs.
Comment ne pas penser que ces deux-là ne sourient pas tendrement au-dessus du Théâtre de l’île, comme ils ont souri au dessus du Théâtre des amants, lors de la création en Avignon et profitent de notre passage sur terre pour continuer à se dire, 125 ans après leur mort, combien ils s’aiment encore ?”








